Dossier découverte: cueillette des plantes sauvages et domestiques communes comestibles

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Il y a quelques jours, lors de leur événement Ateliers de Printemps, j’ai pu assister à un atelier organisé par le Jardin du bout d’la Rue, un jardin partagé, culturel et convivial, ouvert à tous, à Amiens.

« C’est un espace de production organisé en parcelles individuelles et collectives, où chacun des membres de l’association jardine dans le respect de l’environnement et de la biodiversité du site. »

Ce jardin se situe dans une friche, derrière La Briqueterie, qui est un espace culturel, artistique et associatif situé à Amiens. Voici un autre lien ici pour découvrir les lieux. C’est à la Briqueterie que j’ai la chance de faire un peu de musique, car oui, je ne m’intéresse pas qu’à la cuisine, je joue de la basse également!

Cet atelier, très intéressant et présenté par Clara, nous a fait découvrir les plantes sauvages comestibles, que l’on croise quasiment à chaque fois qu’on fait une ballade dans un parc ou dans les champs.

Moi qui suis une urbaine, j’ai pu constater avec joie qu’il y a une grande quantité de plantes sauvages et considérées comme mauvaises herbes, pouvant être cuisinées et mangées, mais aussi utilisées pour apaiser certains maux.

Clara nous a fait visiter le Jardin du Bout d’la Rue, tout en cueillant les plantes sauvages, ou non, afin de préparer des pestos et nous faire déguster ces plantes.

Je vous fais volontairement une présentation très rapide de chaque plante, cette balade sers surtout à vous faire découvrir les plantes sauvages les plus communes, ainsi que des herbes aromatiques plus connues, afin que vous puissiez vous même les cueillir et les découvrir.

Petite visite dans la suite de l’article…

Si vous souhaitez cueillir vous même les plantes sauvages, veillez à ce que les plantes soient éloignées des routes et des champs traités aux pesticides.

Pour commencer, je vous présente le plantain lancéolé.
  

On le trouve vraiment partout et pousse dans tous les parcs, le plates bandes, les jardins : il est considéré comme une mauvaise herbe. Le grand plantain est également trouvable en même abondance et comestible. En ce début de printemps, les fleurs ne sont pas encore sorties, il est donc moins facilement repérable. Ses fleurs sont assez caractéristiques. Je vous mets un lien ici, pour que vous puissiez découvrir ses fleurs. Ce sont ses feuilles qui sont comestibles. Il est préférable de les ramasser encore jeunes, car elles sont alors plus tendres. Elles peuvent se manger crues en salade. On le trouve dans nos jardins de mars à octobre.

Voici maintenant le pissenlit:

Pissenlit

 

Je crois bien que vous le connaissez déjà tous… mais savez-vous qu’il se mange? Ce sont ses feuilles que l’on a utilisé. Les fleurs, encore jaunes, sont principalement utilisées pour faire un « miel » de pissenlit ou un vin. On peut le cueillir de mars à novembre, il fleurit à partir du mois d’avril. Il est préférable de cueillir et consommer les feuilles jeunes et tendres.

Au fil de la visite, nous avons croisé de la consoude:

Consoude

Ses fleurs peuvent être blanches ou violettes. Ses longues feuilles pointues sont velues et quand on les met dos à dos elles se scratchent. Ses feuilles ont un léger goût de poisson et ses fleurs sont également comestibles. Ses racines sont utilisées pour faire un baume qui sera utilisé pour la régénération des tissus (plaies, brûlures, entorses), son nom vient d’ailleurs de là : « qu’on soude » = consoude.

Voici une préparation à base de racines de consoude et d’huile d’olive. Les racines vont macérer un mois au soleil, puis le tout sera transformé en baume.

Puis nous avons vus des pensées:

Pensées jaunes

Ces pensées ont été plantées dans ce jardin récemment, cette variété de pensées pousse rarement à l’état sauvage en France. Ses fleurs ont un goût de miel. On peut trouver des pensées sauvages dans les montagnes et les terres en friche, ses fleurs sont beaucoup plus petites. On trouve de plus en plus de pensées dans les assiettes des grands restaurants, pour la décoration surtout, mais elles sont très bonnes à manger en salade. Elles fleurissent de mars à juin.

Passons maintenant à la Mauve:

La mauve

Cette plante porte ce nom grâce à ses très jolies fleurs, ou bien c’est peut-être grâce à sa fleur que la couleur a été nommée ainsi… À cette période, elles ne sont pas encore sorties, c’est pourquoi elles ne sont pas visibles sur cette photo. La mauve est une plante très utilisée contre la toux, elle a des effets expectorants. Aussi bien ses feuilles que ses fleurs sont consommées. La mauve fleurit de juin à septembre.

Nous avons aussi aperçu du romarin, en pleine floraison:

Romarin fleuri

 

De l’oseille:

Oseille

On est en plein dans la saison de l’oseille. C’est une plante riche en carotène, qui a un gout acidulé. Elle se mange aussi bien crue que cuite et accompagne à merveille les poissons. On peut la cueillir d’avril à octobre.

Passons à la mélisse:

Mélisse

La mélisse est surtout utilisée comme plante médicinale, mais elle est très bonne à consommer en tant que plante aromatique. Elle est également appelée citronnelle, à cause de sont goût qui rappelle celui de la citronnelle asiatique, sous forme de tige. Attention à ne pas les confondre. Ses feuilles ressemblent un peu à celles de la menthe.

Nous avons cueilli des fanes de carottes:

Fanes de carottes

Sous ces fanes, se cachent des carottes. Savez-vous que les fanes de carottes sont comestibles? Elles sont légèrement sucrées. On peut en faire des beignets. Si vous n’avez pas de jardin, vous trouverez des carottes avec leurs fanes sur les étals des marchés, en bio.

Mais aussi du lamier blanc:

Lamier blanc

Le lamier blanc, également appelé ortie blanche, ne pique pas car ce n’est pas une véritable ortie. Ses fleur et ses feuilles sont comestibles. Le lamier fleurit de mais à août.

Et voici l‘ortie:

Ortie

L’ortie est connue surtout pour ses propriétés médicinales et urticante. C’est notamment grâce à l’ortie que l’on repère un sol riche. Pour la cueillir, il est préférable de mettre des gants. On peut déguster cette plante sous forme de soupe et crue en pesto.

Le lierre terrestre:

le lierre terrestre

C’est une plante vivace rampante et envahissante. Le lierre terrestre fleurit de mars à octobre.Il a un gout boisé et parfumé, rappelant la menthe ou l’origan. Il se marie très bien avec les champignons.

Comme vous pouvez constater, nous avons bien avancé dans notre cueillette:

on peut y voir: du pissenlit, du lamier blanc, de la mauve, du plantain, des fanes de carotte, du persil

Il nous reste encore à ramasser de la roquette, qui est en fleurs:

Roquette en fleurs

La roquette est une plante très aromatique. Ses feuilles ont un gout poivré et sont mangées en salade. Une fois en fleurs, le goût de la roquette est décuplé et difficilement mangeable si l’on n’a pas l’habitude. Ses fleurs sont comestibles. On peut la récolter de mai à novembre.

Nous avons croisé, mais pas cueilli, des jeunes blettes ou bettes:

jeunes blettes

Nous avons ajouté à notre cueillette, de l’origan ou marjolaine:

Origan ou marjolaine

La différence entre l’origan et la marjolaine, c’est que le premier est cultivé et vivace alors que la deuxième est sauvage et annuelle. Leur gout rappelle celui du thym. L’origan est souvent consommé séché, mais frais il est excellent en salades ou pour relever une sauce. La marjolaine s’allie très bien avec la tomate, les œufs , les aubergines, les pâtes…

Et puis de l’oignon blanc sauvage, cueilli la veille:

oignon blanc sauvage

On a aussi croisé une poule, non sauvage celle-ci:

la poule qui rode

Nous voilà prêtes pour préparer nos pestos de plantes sauvages.

Nous avons lavé et coupé soigneusement les plantes, puis nous avons fait nos mélanges de plantes pour réaliser deux pestos différents.

Le premier mélange de plantes pour le pesto: plantain, lierre terrestre et fleurs, feuilles de pissenlit, oignon sauvage, oseille et origan

Le deuxième mélange est composé de : roquette et ses fleurs, oignon sauvage, persil, ortie, lamier blanc, mauve et marjolaine

Nous sommes parties en direction de la cuisine pour mixer toutes nos plantes.

Pour préparer un bon pesto, nous avons rajouté de l’huile d’olive, du gros sel et de l’ail.

Nous avons obtenu deux pestos aux goût très différents. Le premier était très doux mais le deuxième avait un goût très prononcé grâce à la roquette et l’ortie. On l’a adoucis avec des graines de courge et du sésame.

Le pesto de gauche est le pesto le plus fort en gout avec sa roquette et son ortie. Celui de droite est plutôt doux avec le plantain, l’oseille et la mauve

Vous pouvez apercevoir sur la photo, entre les deux pots, un morceau de beignet à la fleur de lila. Les fleurs ont été cueillies la veille lors d’un autre atelier. Les beignets avaient un petit gout bien fleuri, et un peu amer. Si vous avez l’intention de préparer des beignets au lila, veillez à ne pas trop charger en fleurs, sinon le goût sera trop amer.

Fleurs de lila

La promenade est terminée. J’espère vous avoir fait découvrir quelques plantes et avoir été assez claire quant aux explications sur chacune des plantes. N’hésitez pas à me poser des questions en commentaire, ou même à me faire découvrir vos propres découvertes de plantes sauvages. Il en existe encore des centaines à découvrir. C’est un sujet très intéressant car il permet de voir notre société de consommation d’un autre angle et de nous apprendre qu’il n’y a qu’à observer la nature pour s’alimenter différemment.


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